Blog.

Patrick Sébastien vide son sac sur Jean-Marie Bigard : “C’est un…”

Patrick Sébastien vide son sac sur Jean-Marie Bigard : “C’est un…”

Member
Member
Posted underNews

Patrick Sébastien s’est exprimé avec virulence contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, qu’il accuse de menacer directement la survie des agriculteurs français. Invité sur le plateau de BFMTV fin janvier 2026, l’animateur, chanteur et producteur a relayé sans filtre la colère qui gronde dans les campagnes, rejoignant ainsi la mobilisation déjà entamée par d’autres personnalités du spectacle comme Jean-Marie Bigard.

Face aux caméras, Patrick Sébastien n’a pas caché son émotion. « J’ai eu des échos de gens que je connais et qui m’ont dit que c’était insupportable », a-t-il confié, avant d’ajouter avec force : « Le Mercosur va les mettre sur la paille ». Pour illustrer l’ampleur de la crise selon lui, il a employé une métaphore parlante : « C’est un bouton de fièvre qui va se propager ». Ces mots traduisent une inquiétude profonde face à ce qu’il perçoit comme une décision européenne déconnectée des réalités du terrain, capable d’embraser durablement le monde rural et au-delà.

L’accord Mercosur, négocié depuis de longues années entre l’UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), cristallise les frustrations des producteurs européens. Les agriculteurs français dénoncent une concurrence déloyale : des produits importés – viande bovine, volaille, sucre, éthanol – cultivés ou élevés selon des normes environnementales, sanitaires et sociales jugées bien moins strictes qu’en Europe. Malgré les promesses d’études d’impact et de clauses miroirs sur les normes, beaucoup estiment que ces garanties restent insuffisantes ou opaques, notamment sur les conditions réelles de production et les effets sur la pollution ou la déforestation.

Patrick Sébastien n’est pas le premier artiste à s’engager sur ce terrain. Jean-Marie Bigard, connu pour ses one-man-shows et ses prises de position parfois polémiques, avait déjà pris la parole pour défendre les agriculteurs. L’humoriste, qui s’était auparavant concentré sur des sujets plus légers ou controversés, s’est mué en porte-voix d’une cause qu’il juge vitale pour la souveraineté alimentaire française. Cette convergence inattendue entre deux figures populaires du spectacle illustre un phénomène plus large : la contestation agricole dépasse désormais les syndicats traditionnels (FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale) pour toucher des relais médiatiques inattendus.

Sur le terrain, la mobilisation se concrétise par des actions symboliques et déterminées. Au port du Havre, l’un des principaux points d’entrée des marchandises en provenance d’Amérique du Sud, une centaine d’agriculteurs – soutenus par les Jeunes Agriculteurs normands – ont installé début janvier 2026 un barrage filtrant. Pendant plus de soixante heures, ils ont contrôlé les camions entrants et sortants, inspectant les cargaisons pour dénoncer l’arrivée de produits qu’ils considèrent comme incompatibles avec les standards européens.

Cette opération, pacifique mais ferme, a été levée dans la nuit du 12 au 13 janvier, mais elle a marqué les esprits et renforcé la visibilité du mouvement.

Patrick Sébastien a également réagi à la réponse des autorités face à ces manifestations. Il s’est indigné du déploiement important des forces de l’ordre contre des agriculteurs qu’il décrit comme « pacifiques » et qui « bossent » au quotidien. « C’est dans les quartiers difficiles, on ne les voit pas ces trucs-là », a-t-il lancé, pointant du doigt ce qu’il perçoit comme une disproportion dans le traitement sécuritaire réservé aux ruraux mobilisés. Pour lui, ces exploitants se retrouvent contraints de « se battre contre l’Europe » alors qu’ils peinent déjà à joindre les deux bouts.

D’autres personnalités ont rejoint le mouvement. Le chef cuisinier Philippe Etchebest, très attaché aux produits locaux et à la qualité alimentaire, s’est rendu sur place pour exprimer son soutien aux producteurs. Ces ralliements successifs amplifient la portée d’une colère qui ne se limite plus aux exploitations agricoles. Un superviseur dans la grande distribution, Maximilien, a lui aussi interpellé publiquement l’Union européenne sur les conséquences concrètes de l’accord, soulignant le flou persistant autour des normes appliquées aux véhicules et aux productions exportées.

Patrick Sébastien conclut son intervention par un avertissement solennel : « Attention, parce que ça, c’est qu’un début ». Ses propos résonnent comme un appel à une résistance collective face à une technocratie bruxelloise accusée d’ignorer les réalités des campagnes. En s’emparant du sujet, ces figures médiatiques replacent la question agricole au cœur du débat public, alors que la France traverse une période de tensions multiples sur l’alimentation, l’environnement et la souveraineté économique.

La mobilisation artistique et populaire autour du Mercosur révèle un malaise profond qui traverse le monde rural français. Au-delà des enjeux économiques immédiats – prix bas, charges élevées, normes cumulatives –, c’est la confiance dans les institutions européennes qui est en jeu. Les agriculteurs et leurs soutiens estiment que les décisions prises à Bruxelles privilégient des intérêts commerciaux lointains au détriment de la viabilité des exploitations locales et de la qualité alimentaire des citoyens.

Alors que l’accord Mercosur reste en discussion et que des voix politiques françaises – y compris au gouvernement – appellent à un veto ou à des renégociations, la pression monte. Les actions sur les routes, dans les ports et désormais sur les plateaux télé montrent que la contestation ne faiblit pas. Patrick Sébastien, en écho à Jean-Marie Bigard et à d’autres, incarne cette nouvelle vague où la culture populaire se fait le relais d’une détresse rurale.

Reste à savoir si cette amplification médiatique parviendra à infléchir les choix européens ou si elle accentuera les fractures entre territoires, entre urbains et ruraux, entre élites perçues comme technocratiques et populations qui se sentent abandonnées.